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Desert Ashram: «La petite India» d’Israël

Le 24 Juillet 2015 à 11h26

 Le désert du Néguev, autour de l'ashram. Crédit: M.-S.B.

La voiture s’engouffre dans le désert. La route, en ligne droite, semble infinie. Seuls des panneaux «Attention aux dromadaires!» habillent le décor. Et puis, au loin, on distingue une tache verte. Une oasis, en plein milieu du désert du Néguev, dans le sud d’Israël. Cet ashram a été construit en 2002, au cœur de la sécheresse. Eloigné de tout, pour vivre en autarcie. La guerre semble bien loin de ce monde-là.

«Bienvenue dans la petite India», souffle l’une des habitantes, en ce «lieu de méditation, de liberté et de paix en Israël». Originaires d’Inde, les ashrams sont ancestraux. Au sein de ces centres spirituels, le yoga est au cœur de la vie de la communauté. Ici, ils se retrouvent en effet tous sous la grande tente, à sept heures le matin, et dix-huit heures le soir. Ils vivent dans cet ashram depuis quatre ou dix mois, un ou deux ans… ils ne savent pas quand ils repartiront. «Mais en général, personne ne reste plus de trois ans…», confie un jeune homme, très mince, d’une trentaine d’années, en précisant toutefois: «Moi, pour l’instant, je ne me vois pas ailleurs».

DSCN3355"Non, nous n'avons pas de wifi, parlez avec les autres". Crédit: M.-S.B.

«Méditation, travail et vie en communauté»

Des hommes et des femmes s’activent chacun de leur côté: ils font du jardinage, s’occupent des animaux, mijotent en cuisine, entretiennent les constructions, gèrent l’accueil, ou le site internet du domaine. D’autres encore se prélassent. Tous les membres de l’ashram travaillent pour la communauté, chaque jour durant six heures. Il est possible de suivre un stage pour s’imprégner de cette vie: The Working Meditation Program (WOMP) permet d’intégrer le Desert Ashram. Méditation, travail et vie en communauté sont les valeurs essentielles. A certaines périodes de l’année, la quiétude des habitants est mise entre parenthèses, lors de l’organisation de différents festivals musicaux.

Les règles de la liberté

Une sensation d’apaisement flotte dans l’air chaud. Des lapins et des paons cohabitent dans l’herbe. L’espace est jonché d’arcs multicolores et des lampions lumineux égayent les arbres. Dans des enclos, des chèvres se trémoussent sur le rythme d’un fond sonore de trance, qui retentit du côté de la piscine, -où un homme s’apprête à plonger dans l’eau, nu. Dans ce lieu de libertés, il y a cependant des conditions à respecter. Un règlement est présenté à l’arrivée. «L’ashram est un lieu végétarien», alors, la viande est formellement proscrite ici. Petite précision: «Le thon est considéré comme de la viande». Les armes aussi sont interdites. Logique, dans un univers de paix. La drogue n’a pas non plus sa place, et «le cannabis sous ses différentes formes est considéré comme une drogue». Pourtant, à l’heure du yoga, l’un des habitants s’éclipse dans son espace personnel, car pour ce soir, il a «un autre type de méditation». D’autres petits yeux confirment que, si c’est interdit, c’est toléré, un peu, quand même…

DSCN3359Crédit: M.-S.B.

Le soir, les ventres qui gargouillent se rendent dans une salle où un buffet est déjà installé. Haricots et tofu, boulgour, houmous, tahini –crème de sésame-, pitas… à la file indienne, tout le monde remplit son assiette, puis son estomac. Ils commencent ensuite leur digestion dans des canapés installés dehors. Toutes les mains sont tendues vers Moustafa, le seul chien des lieux. Les membres échangent en hébreu entre eux, et en anglais, lorsqu’un touriste s’est aventuré pour une nuit dans l’ashram. Ils donnent la sensation de former une grande famille. Les relations sont libres, elles aussi -la rumeur court que les lits sont parfois partagés avec des personnes différentes. Il commence à se faire tard, des milliers d’étoiles éclairent un ciel totalement noir. Deux guitares s’accordent, et de petites voix s’élèvent… Redemption Song de Bob Marley résonne. Evidemment: «…Affranchissez-vous de l'esclavage mental, personne d'autre que nous ne pourra libérer nos esprits…»

Marie-Sarah Bouleau

DSCN3347Crédit: M.-S.B.

DSCN3373Crédit: M.-S.B.

DSCN3327Crédit: M.-S.B.

Commentaires

Paddy Hensey, Ireland
Le 22.08.2015 à 03h41
Sounds nice but you never said whether I could have my pint of Guinness there or not. Somehow I doubt if I could!! Loved the article and loved the French. Encore, bon continuation.
TWIST
Le 14.08.2015 à 08h38
"J'imagine" combien la découverte d'un tel lieu a été fabuleuse...

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