La presse bouillonne, la plume s'envole

En piste!

Le 02 Mai 2015 à 12h26

Photo d'illustration, Les Saisies (Savoie). Crédit: M.-S.B.

Direction, le haut de la montagne. Certains ont posé une semaine de congés pour profiter des ultimes flocons de neige. Une fois au sommet, la moitié de la voiture est malade avec tous ces virages. Les quelques survivants, eux, se ruent au magasin de location de skis: tout est prêt pour demain matin.

Autant le dire tout de suite, ce ne sont pas les vacances idéales pour faire la grasse matinée. Vu le prix du forfait pour accéder aux remontées mécaniques, mieux vaut skier toute la journée! Les yeux à peine entrouverts, on enfile l’équipement: pantalon doublé et imperméable, pull en laine, doudoune, bonnet, gants… on se croirait à un rassemblement de sumos. Pour peaufiner l’allure, il est conseillé d’étaler une épaisse couche de crème solaire –blanche, pas transparente surtout- sur le visage, tout en étant généreux sur le baume à lèvres, histoire de ne pas givrer.

Avant d’arriver tout en haut des pistes, il faut faire un choix. Tire-fesses ou télésiège? Pour le confort, le second est recommandé. Tranquillement assise sur le siège de la remontée mécanique, une maman surveille du coin de l’œil sa petite fille: «Attention, tiens bien ton gant… attention à ton bâton… attention…», et voilà, le bâton est tombé ! Sur une descente en hors piste. «Comment on va faire?», s’interroge la petite fille. Maman pratique le chasse-neige chérie, ça va être compliqué… Après un long périple dans la poudreuse, le bâton retrouve enfin sa propriétaire. Une pause est bien méritée. Et justement, il y a ce restaurant avec vue panoramique dont tout le monde parle. Notamment pour leur tarte à la myrtille. Pas mal, en effet. Dommage, en revanche, que tout le monde n’ait pas parlé du tarif. Sept euros la part, à ce prix-là, il faut espérer qu’elles ne sortent pas du congélateur, les myrtilles…

En face, sur les pistes, les débutants se laissent glisser, hésitants. Les skieurs confirmés slaloment autour d’eux; ils frôlent l’insolence, en donnant l’impression que, finalement, c’est inné de se balader avec deux planches en bois sous les pieds. Mais les plus rapides, ce sont les petits bolides: ces enfants, -cinq ans à peine-, souvent originaires du coin, et qui ont appris à skier probablement avant même de savoir marcher correctement. Casque vissé sur la tête, ils foncent, et rigolent presque en voyant leurs copains du même âge, tremblant derrière leur moniteur. Ceux-là sont à la file indienne, et écoutent minutieusement les conseils dispensés par le monsieur en combinaison rouge. Virage à droite? Parfait. Virage à gauche? OK. Virage à… euh non, bosse… Le premier de la bande tombe, et les autres viennent s’entasser sur lui, comme des dominos.

Fin de journée, un peu avant 17h, les remontées mécaniques s’apprêtent à fermer. «On fait cette descente et on se retrouve tous en bas!» Va reconnaître les tiens, ici, tout le monde est habillé pareil... La troupe se retrouve finalement au complet, autour d’un verre de vin chaud. C’est le moment d’admirer son bronzage… ou de pleurer ses coups de soleil. Au moins, lors du retour au bureau, pas besoin de raconter ses vacances, la trace du masque parlera d’elle-même. La jambe dans le plâtre, aussi.

Marie-Sarah Bouleau

DSCN2937Photo d'illustration, Tignes (Savoie). Crédit: M.-S.B.

Commentaires

L'Eau
Le 23.01.2016 à 08h49
C'est tellement vrai tout ça. J'adore

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