La presse bouillonne, la plume s'envole

Auberge de jeunesse: la vie en communauté

Le 13 Mai 2015 à 17h04

«Tenez bon, plus que 29 marches avant la réception»: une inscription dans l'escalier de l'auberge de jeunesse Oki Doki à Varsovie, en Pologne. Crédit: M.-S.B.

Vu le prix d’une nuit d’hôtel, les baroudeurs au petit budget optent souvent pour les auberges de jeunesse. Et l’ambiance est souvent bien plus chaleureuse! Il suffit juste de s’adapter aux joies de la vie en communauté…

A peine le pied posé sur le tarmac de l’aéroport de Varsovie, en Pologne, on réalise que, finalement, la doudoune n’était peut-être pas indispensable. Ce jour-là, il fait beau, presque chaud. Alors, mieux vaut en profiter pour visiter la ville, avant de se prélasser dans un parc. L’heure tourne, mais rien ne presse; il faut, paraît-il, absolument tester ce bar avant tout. Dans la soirée, un coup d’œil inquiet sur la montre annonce une évacuation d’urgence du comptoir: l’accueil de l’auberge de jeunesse, qui distribue les clefs des chambres, ferme à minuit. Pour atteindre la réception, il y a plusieurs étages à gravir. Avec le sac sur le dos, et la tête qui tourne un peu, la respiration s’essouffle rapidement. Comme pour réconforter les visiteurs, tous les quinze pas, un message est inscrit dans un coin d’une marche de l’escalier: «Tenez bon, plus que 29 marches avant la réception».

Dans ce dortoir de six personnes, tous les meubles sont en bois, avec trois lits mezzanine haut perchés. Très, très haut. Trop haut… Va atteindre le sommet quand tu ne sais plus si c’est de la vodka ou du sang qui coule dans tes veines. Enfin prêt à céder au sommeil le plus profond, un ronflement inhumain résonne tout à coup dans la pièce. Est-ce une femme? Un homme? Un animal? Dans les autres lits, les yeux s’ouvrent à tour de rôle. «Tu crois que cette chose va nous manger?» s’inquiète ironiquement une voix. La douce symphonie perdurera plusieurs heures… Au petit matin, réveil improvisé par un Irlandais qui raconte son voyage au téléphone. Il serait ici pour le mariage d’un ami. Ravi de l’apprendre. Il y en a un autre qui s’est mis en tête de compter toutes ses pièces jaunes, en prenant bien soin d’en faire tomber la moitié par terre. Eh Bernadette, c’est peut-être pas le moment propice! Un œil encore fermé, ceux qui ne se connaissent pas se saluent. Allemand, Chilien, Français… tout le monde parle anglais. Ou du moins, tente.

Serviette de toilette et gel douche sous le bras, direction les douches communes. On se croirait au camping, mais il manque quand même les tongs. A cet étage, il y a deux cabines seulement pour les femmes. L’une est occupée, et l’autre ne ferme pas correctement ; tant pis, après tout, on a bien compris que pour l’intimité, il faudra repasser. Puis, avant que chacun ne s’adonne à ses occupations à l’extérieur, une jeune fille prévient: «Ce soir, il y a un karaoké organisé au bar de l’auberge! Venez, ça va être sympa!» On n’est pas si loin de la vie de camping, finalement…. Les jours passent, les lits se vident et se remplissent avec de nouvelles têtes. Le jour du départ, il faut rendre les clefs avant 11h. Réveil en sursaut à 10h57: trois minutes, top chrono, pour s’habiller et tasser les affaires dans le sac avant de courir à l’accueil. On n’est décidément pas sorti de l’auberge…

Marie-Sarah Bouleau

Commentaires

Paddy Hensey
Le 29.09.2015 à 14h08
Le loquace irlandais encore. Il est partout. Peut être il a falli dit juste "veni vidi vinci"

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