La presse bouillonne, la plume s'envole

(Dé)connexion avec la nature

Le 08 Avril 2015 à 13h05

Au bois de Vincennes, dans l'est de Paris. Crédit: M.-S.B.

STOP. Parfois, les citadins ont besoin de faire une pause. Lassés par l’effervescence de la ville, ils partent s’exiler quelques heures dans un petit havre de nature. On débranche tout: téléphone? Eteint! Montre? Déconnectée! Le bois de Vincennes est justement un de ces lieux prisés par les Parisiens, pour évacuer ces mauvaises ondes accumulées.

«Porte Dorée», annonce la voix du tram. Vite, on y est presque. Encore cinq minutes de marche! Une fois l’entrée du parc franchie, on peut enfin commencer à se détendre. La démarche se fait plus lente, car finalement, rien ne presse désormais. Perdu dans ses rêveries, on sursaute lorsqu’un vélo fait retentir sa sonnette. Dans le lac, le flottement des barques berce les pensées. Jules, Medor, Olga, Roméo, Hercule, Mélusine… chacune d’entre elles a son petit nom. Autour, canards et cygnes barbotent paisiblement. Ça y est, la capitale semble soudainement lointaine…

Dans l’herbe, des pique-niques sont organisés, des musiciens sont installés, et des sportifs, en activité. Vu l’espace, chacun peut s’approprier son périmètre. Quatre mamies se sont improvisé une partie de pétanque dans une allée. Un joggeur passe devant elles, sans vraiment leur prêter attention, il les contourne et poursuit son chemin. Un peu plus loin, il jette un coup d’œil curieux vers une jeune fille. Elle marche dans les airs, sur une sangle étirée entre deux arbres; elle pratique de la slackline. Un chien se met à aboyer, elle sursaute et saute à terre. Au bout de la laisse, sa propriétaire rouspète: «Tu n’as pas l’impression qu’on n'entend que toi, là?» C’est vrai qu’on n’entend pas grand-chose, les oreilles semblent enfin apaisées. En ce moment, on perçoit juste, au loin, quelques cris provenant de La Foire du Trône, installée juste à côté.

Au milieu de toute cette verdure, le corps est enfin décontracté. Mais tout à coup, catastrophe! Un jeune homme sort son téléphone: il n’a rien compris, ou quoi? Non, il ne photographie pas le cygne qui s’envole majestueusement en face de lui… mais immortalise, sa face, à lui. Un selfie, bien sûr. Accompagné des mentions #BoisDeVincennes #nature #detox. Dommage, #OnYEtaitPresque.

Marie-Sarah Bouleau

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Les barques du bois de Vincennes. Crédit: M.-S.B.

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