La presse bouillonne, la plume s'envole

Brocante: chiner, acheter… entasser

Le 12 Avril 2015 à 14h27

 Brocante du 6 avril 2015 à Paris, boulevard Jourdan, à porte d'Orléans. Crédit: M.-S.B.

Quelques rayons de soleil et les étalages fleurissent. La saison des brocantes arrive! Le week-end, on peut désormais aller chiner des petites merveilles dans son quartier. Ou contribuer à alimenter l'entassement d'objets inutiles au grenier. Au choix.

Certains professionnels, d'autres amateurs, mais tous sont brocanteurs. Objectif pour la seconde catégorie? Vider l'amas de babioles qui ne permet même plus de garer la voiture dans le garage. Et gagner un peu d’argent, au passage. Alors sur les stands, une passoire partage son espace avec une poupée borgne et de vieilles cassettes VHS. A force d’errer dans les allées, on se laisse envahir par la nostalgie: "Oh! J'avais ce jouet quand j'étais petit! Vous le vendez combien? - Deux euros. - Je le prends!" Quelques mètres plus loin, une lampe à pétrole broie du noir, à côté d’une série de tasses en porcelaine. Sur un portant, en face, une dame d’une cinquantaine d’années analyse minutieusement un manteau de fourrure. "C'est de l'authentique vison, Madame!", lui assure la propriétaire. Vu l'odeur, on veut bien la croire.

Sur des tables, ou par terre sur une bâche, le but du jeu, c’est de fouiller. Une Game Boy grise, une collection de figurines de hiboux, tous les albums d’Astérix, des bijoux, des cartes postales, des fèves -sur lesquelles on peut aisément percevoir des restants de galette desséchés-… il y en a pour tous les goûts. Mais pas toujours les meilleurs. Et puis, il y a ces objets dont on ne parvient même pas à deviner l'utilité. Et on soupçonne qu’il en est de même pour leur vendeur. Un homme fouille dans une caissette de livres, et semble tenté par l’un d’eux. Une grande encyclopédie sur les animaux, -le genre d’ouvrage qui coûte une petite fortune en librairie. «Combien? – Un euro». L’intéressé semble déçu, et s’en va. Le brocanteur, désarmé, marmonne: «Moins cher, je finissais par te le donner…»

Ces brocanteurs se sont extirpés du lit à quatre heures, et ont commencé à installer leur campement vers 5h30, soutenus par leur thermos de café. Au petit matin, ils ont la visite des collectionneurs, qui entament leur quête alors que les sacs ne sont mêmes pas encore déballés. Les premières heures sont tranquilles. Un peu trop, même. En milieu d’après-midi, en revanche, il devient compliqué de se frayer un chemin. A croire que tout le monde a fait de cette brocante sa sortie dominicale. Ah, un espace se dessine, c’est le moment d’accélérer… Stooooop! Une poussette surgit. A droite, toute! Virage contrôlé devant un vase abandonné. Et petit saut pour éviter une voiture en plastique. C’est juste une question d’habitude… Après avoir scruté chaque recoin du vide-grenier, et surtout parce qu’il n’y a plus de place dans les mains et les sacs, il est temps de battre en retraite. Fier de ces trouvailles… qui iront encombrer le grenier. Le pire, c’est qu’elles seront sûrement revendues, dans quelques années, lors d’une prochaine brocante.

Marie-Sarah Bouleau

2Le stand de vinyles. Crédit: M.-S.B.

Commentaires

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Le 13.04.2015 à 08h50
Eh oui, tout se vend, je suis toujours fasciné par le bric à brac sur les étals !!!!

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