La presse bouillonne, la plume s'envole

Des pirates au Sénat

Le 04 Mars 2015 à 16h08

 Les petits voiliers du Jardin du Luxembourg. Crédit: M.-S.B.

Ils s’appellent Matteo, Léa, Salomé, Kevin, Antoine, Malika et Louis. Ils ont trois, cinq ou neuf ans. Cette après-midi, il n’y a pas école. Alors ils ont décidé de larguer les amarres. En poussette ou en trottinette, ils sont tous accourus au Jardin du Luxembourg. Un jeune homme gère la location des petits voiliers. Devant le bassin central, trois euros et cinquante centimes pour une demi-heure; derrière, trois cent quarante-huit sénateurs pour six ans.

Sous les fenêtres des élus, des pirates, des moussaillons et des explorateurs viennent d’embarquer. Ces petits matelots naviguent au flot de leur imaginaire. Ils rêvent leur vie au même instant où les plus âgés en examinent les lois à quelques mètres. Dans l’hémicycle, la salle s’échauffe à droite et à gauche. «A l’attaaaaaaque!», crie Antoine en abandonnant sa bicyclette à bâbord, pour foncer vers le bassin, à tribord.

Les petits mousses courent dans tous les sens avec leur perche à la main, -chacun représentant un risque potentiel de se faire embrocher au détour d’un virage. Une fois le bateau à l’eau, le bout de bois permet de les propulser à l’horizon. Malika regarde le départ de son voilier avec de grands yeux émerveillés, puis se met à courir de l’autre côté du bassin pour le réceptionner. Au Palais, on attend l’arrivée des sénateurs pour la séance publique. A en croire le dandinement soudain de Léa, une urgence imprévue l’appelle vers un autre lieu public. Louis surveille son navire, qui s’est dangereusement approché de la fontaine: «Je crois qu’il va prendre sa douche...»

Un drapeau flotte fièrement à chaque mât des voiliers. Des navires italiens, espagnols, grecs, algériens, danois, japonais, américains, russes ou encore chinois, se partagent les eaux. En haut, la question de l’immigration divise. Salomé regarde son bateau voguer et s’adresse à sa maman, sûre d’elle: «Il va vers son pays!» Kevin a opté pour la version moderne, en apportant son propre bateau à moteur miniature. «C’est de la triche!», s’exclame Mattéo. Des cafteurs en bas, des questeurs en haut.

Et quand il est temps d’abroger, c’est le moment d’accoster pour les voiliers. Tiens, un bateau est couché, sur le flanc, et l’eau inonde petit à petit la cale. Le corsaire a une autre priorité. C’est l’heure du goûter, le grog est remplacé par une brique de lait aux amandes. A côté, la minute est à l’amendement.

Marie-Sarah Bouleau

DSCN1773BIS2Crédit: M.-S.B.

DSCN1714Crédit: M.-S.B.

Commentaires

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Le 10.03.2015 à 18h28
Vous êtes un des rares blog à allier des articles pertinent et simple. Alors je tenais à vous dire merci. cliquez http://www.fast-tuningmag.com/index.php/sujet-divers/conseils-pratiques/infos-pratiques/2561-conseils-utiles-sur-l-assurance-2-roues
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Le 10.03.2015 à 16h05
Mon enfance m'appelle...et que d'après-midi passés autour de ce bassin !!! Merci pour ce retour 45 ans en arrière.

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