La presse bouillonne, la plume s'envole

A un gant près

Le 29 Avril 2015 à 16h12

Photo d'illustration. Crédit: M.-S.B.

COPJ, tribunal de Paris.

La présidente donne le ton de l’audience, dès les premiers mots: «Vous avez une adresse, quand vous n’êtes pas détenu? - Chez ma belle-famille». Gaël, 30 ans, est en prison depuis juillet 2013, pour vol en bande organisée et association de malfaiteurs. Aujourd’hui, il comparaît pour une histoire de vol, encore. «A part les vols, vous avez déjà travaillé? – Oui, j’ai fait des petits boulots».

Les faits commencent à dater. Dans la nuit du 1er au 2 mai 2012, quatre coffres-forts ont été dérobés dans une société de cars de tourisme, à Paris. Butin: presque 100 000 euros au total. Les auteurs sont entrés dans l’immeuble et ont brisé une fenêtre. La vidéosurveillance montre les actes, mais n’identifie aucune des quatre personnes présentes. L’enquête piétine, longtemps. La police scientifique intervient, en vain. Seulement, le véhicule volé, utilisé pour les faits, est retrouvé au Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis. A l’intérieur, une paire de gants et deux coffres vides découpés à la disqueuse. «Les gants étaient les vôtres. C’est un oubli? Vous pensiez que les autres mettraient le feu à la voiture? - La logique aurait voulu…» Et c’était prévu, car une forte odeur d’essence a été identifiée, mais la tentative a apparemment échoué. Gaël sera cependant identifié bien plus tard, lors de son incarcération, car auparavant, ses empreintes n’avaient jamais été relevées. Les trois autres n’ont pas été retrouvés. Gaël ne nie pas son implication, sauf les circonstances, et paraît presque naïf: «A Drancy, des connaissances m’ont dit qu’elles cherchaient un conducteur pour aller d’un point A à un point B sur Paris. Je ne savais pas pour quoi, mais il y avait un billet à prendre: un peu plus de mille euros. - A vous entendre, on a l’impression que vous ne saviez pas que c’était un vol. - Je me doutais, mais de là à commettre un délit… - Parce qu’un vol, c’est quoi? – Non, mais pas de cette ampleur». Gaël explique seulement avoir conduit les trois autres hommes, mais affirme ne pas avoir assisté à l’ouverture des coffres. Le tribunal le condamne à huit mois de prison. Au cours de sa plaidoirie, l’avocate de la défense mettait en avant une promesse d’embauche, obtenue par la famille, à sa sortie de prison. En tant que commercial. Dans une société de sécurité.

Marie-Sarah Bouleau

Commentaires

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Le 05.05.2015 à 12h11
j'ai presque de la compassion pour cet individu... 100 000 € volés et seulement 1 000 € pour lui + 8 mois de prison !!!

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