La presse bouillonne, la plume s'envole

Les mains en l’air

Le 01 Mars 2015 à 17h13

Photo d'illustration. Crédit: M.-S.B.

Comparution immédiate, tribunal de Lille.

Mustafa monte dans une rame de la ligne une du métro, le 27 décembre dernier. Vers 10h30 à la station CHR B-Calmette, il s’approche de Sarah, 19 ans. «Vous avez glissé votre main entre ses jambes jusqu’à son sexe», relate la présidente. Attouchements sexuels. La jeune fille s’indigne. «Vous avez dit aux policiers que vous ne vous rappeliez de rien. Même pas de ce que vous aviez mangé le midi. - Je ne m'en souviens plus.», répond-il à l’interprète. Les forces de l’ordre, elles, se sont bien souvenu des propos de Mustafa: «Toutes les filles françaises ne pensent qu’au sexe». L’enquête psychologique ne rapporte pas de trouble particulier, mais une tendance à la victimisation.

Le jeune trentenaire est placé en détention provisoire depuis deux jours. Amelle, 21 ans, a elle aussi été victime de ses mains baladeuses, le 20 février. Toujours dans le métro, à la station Gambetta cette fois. Il lui met une main aux fesses, tout sourire. La jeune femme l’entend marmonner dans une langue qu’elle ne reconnaît pas; elle sort du métro, il la suit, elle le dénonce. Absente à l’audience, Amelle s’est constituée partie civile. «Des caméras montrent la scène mais je ne me souviens de rien. – Vous aviez bu? – Non. - C’est un peu facile de dire que avez perdu la mémoire… Ce n’était pas une caresse, vous l’avez vraiment saisie. Est-ce qu’on peut savoir pourquoi vous faites cela, monsieur? – C’est pas normal, mais je n’ai pas d’explication. – Vous dites être arrivé en France en 2012. Vous avez laissé votre femme dans votre pays et vous êtes seul depuis deux ans ici: c’est l’unique embryon d’explication. - Je suis un être humain et j’ai été tenté.»

Et la procureure, sur le ton de l'exaspération: «Le dossier de décembre confirme celui de février. Je vous laisse imaginer le nombre de victimes qui n’ont pas osé porter plainte…» Dix mois de prison avec sursis, et 400 euros de dommages et intérêts à verser à Amelle. Mustafa est remis en liberté, il va pouvoir rentrer chez lui. En métro.

Marie-Sarah Bouleau

Laissez un commentaire