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Jumeaux, en chair et en box

Le 11 Mars 2015 à 14h49

Photo d'illustration. Crédit: M.-S.B.

Comparution immédiate, tribunal de Lille.

Un contrôle de routine qui dégénère. Le 18 février dernier, à Wattrelos dans le Nord, des jumeaux de 21 ans bricolent une voiture devant le domicile de leur mère. Trois policiers viennent à leur rencontre. Le véhicule n’est pas assuré, donc il ne doit pas se trouver sur la voie publique. Et là, tout part en vrille. Les policiers appellent la fourrière. Alvyn et Amory s’emportent. De la partie civile à la défense, la raison du dérapage reste floue…

En quelques secondes, l’affrontement est déclenché. Le ton monte et les jumeaux insultent les forces de l’ordre. Des coups partent, un policier perd connaissance et s’écroule au sol. Convulsions. Tout s’est envenimé, les deux autres frères des prévenus s’interposent alors pour calmer les échanges, et l’un d’eux emmène de force Amory dans le domicile familial. La mère accourt sur les lieux, horrifiée. «Un policier l’a prise par le bras, je lui ai dit de la lâcher, elle s’est pris un coup de matraque. Ma mère, c’est ma chair...», déclare Alvyn au tribunal. Les trois policiers se sont constitués partie civile. Deux sont présents, mais le troisième, dont la mâchoire a été fracturée, est justement en train de subir une opération.

Le 23 février, les jumeaux comparaissaient déjà. Au vu de la complexité du dossier, le tribunal avait décidé de renvoyer l’affaire. Au premier rang, la mère semble épuisée. Lorsque ses deux fils font leur entrée dans le box, leurs regards lui sont directement destinés. Le président introduit l’audience, en s’adressant aux prévenus, et remet immédiatement en cause leur comportement, affirmant que «la manière dont ce contrôle de police a dérapé est inadmissible». Tous deux reconnaissent leurs responsabilités, et les coups de poing portés aux policiers. Mais la partie adverse les accuse de s’être aussi armés d’un marteau, d’une rotule de direction et surtout, d’un burin. Les jumeaux désapprouvent cependant l’utilisation de cet attirail, en secouant doucement la tête de droite à gauche. «Non, il n’y avait pas de burin», chuchote la mère dans le public. Un de ses fils pose une main sur son épaule.

Le procureur distingue les actes de chacun, et requiert deux ans de prison pour Amory, contre un an pour Alvyn. Le tribunal, quant à lui, ne fait pas de différence entre les jumeaux: dix-huit mois avec maintien en détention.

Marie-Sarah Bouleau

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